atelier de Cyrille André

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Travail de recouvrement d’une statue en polystyrène de grand format de fibres enduits de résine ; teintées de noir. Forte odeur toxique de la résine. Nous portons des masques.
La statue représente un homme assis, bras accoudés aux genoux.
Pour le recouvrement, la statue est basculée, posée sur un côté.

deux corps blancs masqués
gestent sur corps immense encore en partie blanc
gestes noirs
recouvrement

lambeaux de fils blancs agglomérés
lambeaux blancs enduits de matière
noire
luisante
toxique

main gantée de plastique blanc
aimante le lambeau
plat de la main sur le lambeau plat
le pose sur la flaque noire

l’autre main
gantée blanche
pinceau
l’empoisse de noir toxique

l’autre main
gantée blanche
pinceau
pose
le lambeau noir sur l’encore blanc du géant renversé assis

l’autre main
passe sur la strate un rouleau métallique
ébulleur
puis un rouleau mousse
pour que le lambeau prenne plat

parfois des fils laissés blancs par le trop peu de geste
luisent un temps sur le noir

corps blanc masqué
à genoux devant la masse assise renversée
à genoux corps arqué en arrière
appui bras main gauche
à main droite rouleau mousse plongé dans la toxine

corps blanc masqué
à genoux devant la masse assise renversée
à main droite ébulleur sur le torse géant

corps blanc masqué
à genoux
arc en avant passe
au travers du cerceau des bras géants
pour atteindre le torse
dans la pose
comme le saut arrêté d’un fauve de cirque

mains gantées blanches
au bout d’un temps les doigts se couvrent de fils englués noirs
empoisse des doigts
les gestes collent

corps blanc masqué
jambes écartées
coudes appuyés au genoux
verse la résine
la verse dans le noir
dans ce geste le corps blanc
prend un temps la pose du géant

la résine qui sort du bidon
pour plonger dans le noir
est bleue

marche
duo
les deux corps blancs marchent
autour du géant
ébulleur métallique dans une main de chaque corps
secousses pour faire goutter l’excès
cliquetis métallique
secousses comme
des gestes de sorcier brandissant l’amulette autour de l’enchanté

géant assis renversé
envahit par le bas d’ombre noire
toxique
ligne d’horizon blanche du haut de sa forme

ligne d’horizon blanche
c’est là où se confondant
les deux corps blancs parfois
en forment un troisième

corps blanc juché pour atteindre l’arrière coude du géant
croix du corps blanc et de la jambe noire

corps blanc juché
en appui
bassin contre bassin géant
pour atteindre l’aisselle

131112

Hirondelles en vol sculptées au fil chaud et au cutter, dans des blocs de polystyrène dense.

corps assis
dos droit
nuque arquée
tabouret jambes
angles droits pieds
la plupart du temps posés plats au sol

contours traits noirs sur
bloc comme de chair pétrifiée
polystyrène

taille au fil chaud
main
quatre doigts posés maintiennent
tant que passe le fil

arc doux du bras
main en coupe où
la tête apparue de l’oiseau est comme blottie

main droite feutre noir
redessine l’oiseau après la première taille
traits noirs sur
la chair mise à vif par
le fil chaud

le fil repasse
cinq doigts mobiles
font pivoter la forme sous le fil
la forme
vague hirondelle se précisant
tenue parfois comme
un jouet qu’on lance

après chaque passage du fil
une courbe vient qui fait venir le vol

sous le fil chaud l’oiseau fume

passage au cutter
la main qui tient l’oiseau a cessé d’être douce
la main
doigts tendus
maintient serre la chair crissante
sous
la poussée de la taille

la forme
l’oiseau
pris parfois en mâchoire par
la cuisse et la main

la main
cutter
maintenu à cinq doigt
la main
quatre doigts serrent le poing
l’index seul est droit le long de l’outil
l’index comme prolongé d’une lame comme
montrant à la lame dessous l’endroit de la coupe

la main
cutter
tenu seulement entre pouce et index
cette main
de ses trois doigts libres
parfois
balaie la table
enlève les copeaux venus s’y entasser

copeau fin resté
fait plume
sur la forme en fourche de la queue de l’oiseau

plumes en copeaux couvrent
peu à peu
les cuisses
le ventre
du corps assis

plus l’oiseau vient plus les plumes tombent

la main droite a saisi
l’oiseau tête en bas par une aile
trois doigts crochent la croche de l’aile

face à face
l’oiseau tenu tête en haut face
au visage de la main qui le tient

visage
la bouche
souffle sec
copeau vole

nouvelle trace au feutre sur
la forme presque née
feutre tenu lache par le haut
effleure les zones encore floues de l’oiseau
l’oiseau seul dans la main
forme
en voie de répétition

plus la taille avance
plus les mains se comportent comme
sur une vraie bête comme avec
une bête en vie

ce n’est pas l’oiseau qui vient
c’est le vol
c’est le vol qui vient
l’élan le vite le nerf un axe sa direction

ce qui vient sous la taille
c’est l’air qui porte l’aile

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