parti chasser

la marche, arc au dos, carquois plein
la marche en plaine illimitée

pas de bêtes en vue

marche de nuit ; fuir la chaleur
marche en plein jour ; loin de l’ombre

parti chasser il y a mille aubes
parti chasser pour nourrir qui ?

la traque depuis mille aubes, palpitante, absorbante

pas de bêtes en vue

la traque, canal aigu du regard, la bouche halète face au vent,
la bouche ouverte depuis des jours,
figée dans la stupeur du « pas de bêtes en vue »

pour nourrir qui ?

à l’heure du bivouac il fera encore chaud mais le feu brûlera ;
les souvenirs viendront dans la torpeur d’après la marche
une broche invisible, enfilée d’un gibier, tournera dessus l’âtre,
la main caressera dans l’air un chien très doux,
le parfum de lointains tilleuls enchâssera la nuit

pas de bêtes en vue

Publicités